Critique de Ça : l’esthétisme à la rencontre de l’horreur

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Avis aux coulrophobes, le clown maléfique de Stephen King est de retour ! Et quand l’esthétisme se mêle intensément à l’horreur, ça donne Ça…

Un film horrifique est-il toujours dépourvu d’art ? Non, et le réalisateur Andrés Muschietti semble l’avoir bien compris. Adaptée du best-seller éponyme du maître de la terreur, Ça est la jolie surprise gore de ce début d’année ! Le remake du téléfilm en deux parties des années 1990, plonge le spectateur dans le mystère de Derry, une ville frappée par d’inquiétantes disparitions d’enfants. On y suit un groupe d’adolescents affrontant sans faille, la terrifiante créature qui habite les souterrains de la ville : Grippe-Sou, le clown tueur.

L’esthétisme au service de l’horreur

Comme vous l’aurez sans doute compris, le nouveau visage de Ça est une victoire ! Et ce succès est pour beaucoup due à sa dimension psychologique. La peur est la première condition requise pour qu’un film d’épouvante soit ce qu’il est. Mais ce n’est pas le seul critère. Ça en est la preuve ! Effrayant à sa juste valeur, drôle par la spontanéité et le naturel de ses jeunes acteurs et troublant par la sincérité de ses propos, Ça réinvente la définition même du film d’horreur. En l’espace de quelques jours, la tant attendue adaptation du roman à succès de Stephen King, s’est faite une renommée mondiale. Pourquoi ?

Ce n’est pas la partie horrifique de l’histoire qui fait le sel de cette nouvelle adaptation. Studio ciné live.

Pour comprendre cette réussite, tournons nous d’abord vers l’incroyable performance des six adolescents ! Pour porter à bien le remake du célèbre clown tueur, Andrés Muschietti s’est entouré d’acteurs prometteurs ! Cinq garçons et une fille à la poursuite de la vérité : Bill interprété par Jaeden Lieberher (Midnight Special), Richie incarné par Fin Wolfhard (Stranger Things), Eddie par Jack Dylan Grazer, Stanley joué par Wyatt Oleff (Les Gardiens de la Galaxie), Mike par Chosen Jacobs et enfin Beverly interprétée par Sophia Lillis. Six personnages extrêmement fidèles au roman et retranscrits à l’écran avec aisance ! Évidemment, mention spéciale à Bill Skarsgård alias Grippe-Sou, le clown au regard pétrifiant et au sourire glaçant.

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Mais en réalité, Ça ressemble étrangement à Stranger Things. En plus de la présence du jeune Fin Wolfhard, les deux oeuvres sont imprégnées d’une ambiance 80’s, merveilleusement mise en scène. La bande-originale, les costumes et les décors sont des éléments qui donnent véritablement corps au récit. Mais le point fort de Ça réside essentiellement dans le travail de l’image. En tant que film d’épouvante, on pourrait s’attendre à ce que l’émotion horrifique y soit omniprésente, délaissant alors, le visuel et le narratif. Mais Ça est tout l’inverse. Le réalisateur se sert de l’esthétisme pour mettre en situation l’épouvante au sein du film. Chaque moment clé, où on découvre l’effroyable silhouette de Grippe-Sou, est un tableau ignoble, certes, mais artistique. Une maîtrise visuelle et narrative fascinante. Allier la frayeur à l’intelligence, rare sont les réalisateurs qui arrivent à trouver un tel équilibre dans leur films d’épouvante. Mais Ça l’a fait ! Nous rejoignons ainsi les propos de Xavier Dolan en affirmant que :

Ça est ce que le divertissement devrait toujours être, et aussi ce qu’il atteint si rarement.

Le remake de Ça est un voyage cauchemardesque qu’on est pas prêt  d’oublier. Car au fond des plus grandes frayeurs de l’enfance, se dissimule Ça

Ça : Bande Annonce