Critique de Call Me By Your Name : La sensualité à l’état pur

call-me-by-ycall-me-by-your-name-timothee-chalametour-name-timothee-chamalet

Le phénomène Call Me By Your Name résonne encore dans nos têtes. Sensuelle et attachante, cette œuvre sublime signée Luca Guadagnino, met délicatement en lumière, l’éclosion du désir adolescent. Critique d’un film déjà culte.

L’innocence d’un premier amour

Parce que c’était lui. Parce que c’était moi.

« Appelle-moi par ton nom et moi, je t’appelle par le mien. » Une phrase symbolique, pour une œuvre tout simplement bouleversante. Cinq jours après sa sortie nationale, Call Me By Your Name est aujourd’hui considéré comme un pur bijou du cinéma. Cette histoire emplie de fragilité, raconte la naissance d’un amour sans fin, entre un adolescent rêveur et un jeune homme américain. Comme chaque année depuis dix-sept ans, Elio Perlman passe ses vacances d’été dans la villa italienne de ses parents. Songeur, il occupe la majeure partie de ses journées à lire, rêvasser et flirter avec son amie Marzia. Mais un beau jour, la vie de cet adolescent mystérieux va être bouleversée par l’arrivée d’Oliver, un doctorant venu aider son père, professeur de gréco-romaine. Elio et Oliver vont ainsi découvrir, ensemble, l’éveil d’un désir intense. Une histoire érotique et passionnelle, magnifiquement mise en lumière par le nouveau favori d’Hollywood.

call-me-by-your-name-critique
Timothée Chalamet et Armie Hammer

Luca Guadagnino, a qui l’on doit les prestigieux Amore (2009) et A Bigger Splash (2016), signe avec Call Me By Your Name, son sacre à l’écran. Cette œuvre délicate, nous transporte en un rien de temps au cœur de la culture et des coutumes italiennes. Vaste panorama de petits bourgs italiens regorgeant d’intérêt pour l’art et l’histoire, de jardins romantiques éclairés par un faisceau de lumière et de musiques nostalgiques qui oscillent entre de magnifiques morceaux au piano (Hallelujah Junction de John Adams), de douces mélodies  (Mystery Of Love de Sufjan Stevens) et d’incontournables tubes estivaux des années 80 (Love My Way de Psychedelics Furs). En apparence, ce film est un dépaysement assuré en plein cœur de la sublime Italie. Mais en réalité, il est bien plus que cela.

S’il te plaît, ne m’évite pas. Ton silence me tue. Je mourrais plutôt que de savoir que tu me détestes.

C’est un voyage à travers le temps, à travers les profondeurs de l’amour. Car Call Me By Your Name, est tout simplement un chef-d’œuvre de l’émotion. Chaque séquence de ce film renferme un véritable trésor, que ce soit à travers la scène de rencontre entre les deux amants, leur premier rapprochement, premier baiser, premier chagrin et derniers mots. Et cette claque émotionnelle est évidemment due à l’incroyable performance des deux personnages principaux, Timothée Chalamet (actuellement à l’affiche de Lady  Bird) et Armie Hammer (The Social Network, 2010). Ces deux nouvelles coqueluches d’Hollywood nous font vivre à travers l’écran, l’intensité d’un amour unique, sincère et passionnel. Nous sommes là, spectateurs d’un théâtre où le romantisme s’entremêle à l’érotisme, avec une justesse infinie. Et évidemment, on ne peut que succomber. C’est avec une grande intelligence, que le cinéaste a choisi de mélanger cet amour entre deux hommes, avec la sensualité des sculptures gréco-romaines. Les scènes de passion entre Elio et Oliver sont étroitement liées à l’image de corps nus sur des statues de marbre, réalisées par les artistes italiens. Ces emblématiques œuvres d’art, mettent en lumière un idéal de la perfection humaine et un amour inconditionnel pour le corps masculin. Il s’agit d’un choix scénaristique très ambitieux, qui permet de célébrer la beauté d’un amour universel. C’est l’histoire des premiers émois amoureux, que l’on ne peut oublier. Si toute la trame de ce film regorge d’émotion, il y a pourtant une scène qui se démarque et nous bouleverse entièrement. Il s’agit de la séquence finale, dans laquelle Elio comprend que cette relation qui l’a marqué à jamais, est aujourd’hui une note du passé. Une dernière séquence, divinement belle mais terriblement déchirante.

Vous l’aurez sans doute compris, Call Me By Your Name nous a transcendé. Trois mois seulement que l’année 2018 a commencé, et on peut acclamer haut et fort, qu’il sera bien difficile de remplacer notre coup de cœur. 

Call Me By Your Name : Bande Annonce