Critique de Détroit : le film qui éveille les consciences !

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Détroit est le film choc de la semaine. À l’heure où le racisme continue de perdurer au quatre coins du monde, Kathryn Bigelow fait ressurgir les horreurs du passé. Choquer le spectateur afin d’éveiller les consciences, voici le but premier de ce film coup de poing ! 

“Bang Bang, he shot me down”

Au même moment où la ville de Détroit connait une vague d’émeutes raciales, Nancy Sinatra murmure ces paroles. Nous sommes en 1967, et la ségrégation raciale nourrit les contestations. C’est dans ce contexte de tensions extrêmes, que se déroule cette sombre histoire, mise en lumière par Kathryn Bigelow. Alors que la fête bat son plein dans l’Algiers Motel, des détonations se font entendre. Un incident qui va attisé la haine raciale des policiers. S’en suit alors, dans ce motel au coeur de Détroit, une nuit placée sous le signe de la torture et de la souffrance. 

Pour illustrer avec le plus d’objectivité cette nuit du 25 au 26 juillet 1967, Kathryn Bigelow s’est appuyé sur de vraies images d’archives, ce qui confère à Détroit, un aspect documentaire. La narration du film est divisée en trois parties. Premièrement, la réalisatrice a souhaité dépeindre avec un profond réalisme, le contexte politique du moment. Émeutes, pillages et violences sont mis en évidence de façon à montrer l’alarmant quotidien de la population noire. Deuxièmement, il s’agit de la partie la plus importante du film, c’est-à-dire la scène de crime survenue à l’Algiers Motel. Pendant plus de 50 minutes, le spectateur se retrouve plongé dans un huit-clos terrifiant. Cette séquence, d’une violence extrême, révèle la perversité d’une partie de la police envers de jeunes personnes noires. Une situation particulière et très peu connue des Américains, qui a entraîné la mort de trois hommes non armés, et plusieurs autres blessés. Enfin, les dernières minutes de Détroit sont centrée sur le procès et la reconstruction morale des victimes de cette nuit tragique. Trois parties qui dépeignent avec un profond réalisme, l’impuissance noire face à la suprématie policière.

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Affronter les failles de la société 

Avec ce film fort, Kathryn Bigelow a appuyé là où ça fait mal.  Alors que Détroit connaît une grande renommée en France, ça n’a pas été le cas lors de sa sortie aux États-Unis. Et selon la réalisatrice en personne, ce flop commercial est dû à un refus de voir la réalité en face. En effet, de nombreux américains détournent le regard face à des scènes qui mettent face-à-face des Noirs opprimés par des policiers racistes. Un triste constat qui prouve une fois encore, le profond retard de notre société sur les questions d’égalité raciale. 

Si le procès des trois policiers n’a finalement rien donné, cette œuvre est tout de même la preuve visuelle, de leurs actes irréparables. Choc et bouleversant, Détroit est un film coup de poing, à découvrir dès à présent au Multiplexe Liberté à Brest.

Détroit : Bande Annonce