Critique de Drive : L’esthétisme de la violence

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Sept ans après sa sortie dans les salles, le bijou moderne de Nicolas Winding Refn revient transcender le petit écran. Drive, la perfection esthétique, visuelle et sonore du cinéaste danois sera diffusée ce dimanche soir, sur Arte. C’est donc le moment de (re)découvrir, cette incroyable perle du 7e art. 

Un polar urbain esthétisant 

“Vous me donnez une heure et un lieu. Je vous donne un créneau de cinq minutes, pendant ces cinq minutes, je ne vous lâche pas, il peut arriver n’importe quoi, je suis là. J’interviens pas pendant le braquage, je porte pas d’arme… Je conduis.” Voici une réplique devenue aujourd’hui culte. Apparue sur le grand écran en 2011, Drive est une œuvre sensorielle qui a su révolutionner le monde cinématographique, grâce à un visuel totalement hypnotique. Ce polar d’un nouveau genre, met en scène un jeune homme solitaire, vivant au rythme de sa propre conduite dans les rues d’Hollywood. Cascadeur le jour et truand la nuit, celui qu’on nomme “The Driver” va se retrouver du jour au lendemain, au cœur d’une affaire domptée par la violence. Lui qui vivait dans sa propre solitude, va soudainement devoir faire face à un tourment inattendu : protéger celle qui l’aime. Une histoire sombre et palpitante, à laquelle on ne peut résister.

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Ryan Goslin, dans le rôle qui l’a propulsé vers les sommets de la gloire.

C’est ce thriller explosif qui va propulser, Nicolas Winding Refn, sur les devants de la scène hollywoodienne. De Drive (2011) à Only God Forgives (2013) en passant par The Neon Demon (2016), chacune de ses réalisations va devenir un pur bijou visuel, au style si particulier. Et justement, c’est cet esthétisme ultra soigné qui a su faire de Drive, une œuvre tout simplement unique en son genre. La mise en scène, proche de la perfection, nous rappelle inlassablement le goût du cinéaste pour le jeu des couleurs, un visuel néon bluffant et surtout un choix de musique captivant. Car oui, la B.O. est sans aucun doute, la plus grande réussite du film. En plus des morceaux originaux de Cliff Martinez, on retrouve des titres emblématiques tels que Nightcall de Kavinsky, Under Your Spell de Desire ou encore A Real Hero de College. Des morceaux fascinants, qui nous rappelle éternellement l’exceptionnalité de cette œuvre.

Une ultra violence, un romantisme exacerbé et une mélancolie magnifique, Drive est un film qui se caractérise par son profond mélange d’émotions. Un dosage subtil et intense, qui révèle toute l’ingéniosité et la singularité de ce thriller palpitant. Le casting de Drive frôle également la perfection. Ryan Gosling (The Notebook, Crazy Stupid Love) interprète avec force et persuasion, ce héros à la fois vengeur et protecteur, tandis que Carey Mulligan incarne avec une certaine délicatesse, une jeune mère de famille célibataire (Brother, Never Let Me Go, Shame). Deux incroyables performances, à la hauteur de ce film exceptionnel. On le regarde en boucle, on admire la beauté de ce travail visuel, on écoute la pureté de sa bande originale et on succombe inévitablement à cette œuvre purement sensorielle. Que demander de plus ?

Si vous ne connaissez pas encore cette petite perle rare, c’est le moment de la découvrir. Rendez-vous ce soir à 20h55 sur Arte ! 

Drive : Bande Annonce