Critique de Escobar : À l’origine du phénomène !

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Vingt-cinq ans après sa mort, le baron de la drogue, Pablo Escobar, continue de fasciner. Une fois encore, le roi de la cocaïne en Colombie renaît dans un biopic éponyme, qui se distingue autant par sa violence que par sa séduction. Critique d’un nouvel Escobar, plus vrai que nature.

Entre violence et séduction

Il fascine. Il intrigue. Il séduit tout simplement. En 2018, Pablo Escobar demeure encore un véritable mystère. Depuis quelques années, ce personnage n’a de cesse d’envoûter les réalisateurs, soucieux de dévoiler au grand monde, la vraie nature de ce criminel.  Fernando León de Aranoa, a qui l’on doit le magnifique A perfect day, un jour comme un autre (2016), s’est également prêté à ce jeu de réécriture, avec une belle dose d’originalité. Pour mettre en lumière ce sombre personnage de l’histoire, le cinéaste espagnol a choisi un visage particulièrement dans l’air du temps, celui de Javier Bardem. Depuis quelques temps, l’acteur bénéficie d’un regain d’intérêt des studios, notamment depuis sa prestation (aux avis bien mitigés) dans Mother! de Darren Aronofsky. L’hispanique partage ainsi l’écran avec la brillante Penélope Cruz, qui incarne la célèbre journaliste et bien-aimée du dealer, Virginia Vallejo. Deux amants inévitablement unis par la violence.

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Javier Bardem dans un rôle plus magnétique que jamais.

C’est donc minutieusement que le long-métrage se détourne de son sujet principal, c’est-à-dire Pablo Escobar, pour finalement mieux l’aborder. La voix off de l’actrice espagnole retrace ainsi les faits et gestes de ce sombre et mystérieux amant. Bardem incarne un personnage purement contradictoire. Il interprète un Escobar plus nuancé que jamais. Sa prestation lie la séduction à la violence. L’acteur jongle entre le Bien et le Mal, devenant un jour, le petit père des peuples et un autre, un véritable psychopathe. Escobar est un biopic moralisateur, qui s’intéresse à l’origine d’un mythe et la naissance d’un monstre. Cette approche scénaristique permet de comprendre comment une partie de Medellín a pu considérer cet homme comme un véritable bienfaiteur. C’est LE point positif de ce long-métrage.

Escobar est donc une œuvre à double sens. Sensible et sensuel, le film aborde avec une certaine finesse la relation entre le baron de la drogue et son amante, la journaliste Virginia Vallejo. De l’autre côté, le long-métrage nous montre un aspect profondément sanglant et virulent, pouvant déranger les plus sensibles. Que dire de plus si ce n’est que ce nouveau biopic se démarque des précédents, grâce à sa dimension humaine, tout aussi intéressante, qu’effrayante. Deux mots qui résument parfaitement, la personnalité de cet homme.

Escobar : Bande Annonce