Critique de La Forme de l’eau : Une fable sur la différence

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Il était une fois deux vies. Deux êtres. Deux amants. C’est ainsi qu’aurait pu commencer le nouveau conte poétique de Guillermo del Toro. La Forme de l’eau (The Shape Of Water) est une œuvre morale divinement belle, qui aborde avec une certaine élégance, la thématique de la différence. 

L’amour intemporel

“Incapable de percevoir la forme de toi, je te trouve tout autour de moi. Remplit mes yeux de ton amour, tu humilie mon cœur, car tu es partout.” C’est sur ce magnifique poème que se termine ce conte de fée gothique. Nommé treize fois aux Oscars, La Forme de l’eau se dessine comme le premier coup de cœur cinématographique de ce début d’année 2018. Et pour cause, ce film fantastique est une pure merveille de la réalisation. Le scénario met en scène l’incroyable romance entre une femme muette et une créature aquatique, retenue prisonnière d’un laboratoire secret. Guidée par son amour inconditionnel pour cet être anormal, la jeune solitaire va tout faire pour le libérer et lui rendre sa liberté. Une quête qui va inévitablement la mener vers de sombres périples.

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Sally Hawkins livre sa plus belle performance.

Cette histoire, similaire à celle de La Belle et La Bête, est une œuvre aussi belle visuellement que moralement. L’esthétisme du film, rappelle évidemment l’univers créatif du cinéaste mexicain, Guillermo del Toro. Dès les premières minutes, nous nous retrouvons submergés par une magnifique photographie teintée de vert, mêlée à une prodigieuse bande originale, signée Alexandre Desplat. Une image sublimée par le talent surdimensionné de l’actrice britannique, Sally Hawkins (Blue Jasmine). Elle interprète avec une certaine délicatesse, une jeune femme dépourvue de la parole, qui passe la majeure partie de son temps à rêver. Elle inonde l’écran par sa grande fragilité et fait de cette histoire fantastique, un véritable conte de fées des temps modernes. Une chose est sûre, avec ce rôle, Sally Hawkins délivre la plus belle performance de sa carrière. Évidemment, la britannique n’est pas la seule perle du casting. On retrouve en tête d’affiche, l’étincelante Octavia Spencer (Les figures de l’ombre, La couleur des sentiments) qui apporte une certaine fraîcheur à  l’intrigue, grâce à son subtil humour. Michael Shannon (Le Labyrinthe de Pan, Crimson Peak) brille quant à lui dans un rôle psychotique, qu’on adore détester. Enfin, on ne peut oublier la performance de Doug Jones (Le Labyrinthe de Pan, Hellboy) dans la peau de cette profonde et touchante créature.

La Forme de l’eau est tout simplement une sublime fable pleine de moralité. En effet, de nombreux thèmes politique sont abordés tout au long de l’intrigue, tels que la lutte contre les discriminations raciales, ou bien la question de l’émancipation des travailleuses, avec Elisa et sa collègue Zelda. La philosophie occupe également une place essentielle dans l’histoire, puisqu’il est rare de voir dans un film, un personnage muet occuper le premier rôle. Guillermo del Toro a ainsi mis en lumière des sujets importants et a entrepris un magnifique raisonnement sur la question de la différence

La Forme de l’eau est une ode à la vie, une fable divinement belle qui ne peut que vous submerger. Ce chef-d’œuvre est à découvrir, à partir de ce mercredi 21 février, dans votre cinéma Multiplexe Liberté à Brest. Vivez cette incroyable immersion, dans les profondeurs de l’amour.

La Forme de l’eau : Bande Annonce

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