Critique de Mary, une comédie entre tendresse et maladresse

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(500) Jours ensemble avait semé un brin de fraicheur en nous contant l’incontournable histoire de cette idylle fanée. Mais avec sa nouvelle comédie Mary, Marc Webb sombre dans un mélo-drame, certes touchant, mais prévisible.

Après avoir délaissé le cinéma indépendant au profit des blockbusters (The Amazing Spider-Man), Marc Webb revient au genre qui avait fait son succès. Mary, sa dernière réalisation, relate l’histoire de cette héroïne éponyme livrée à son oncle (Chris Evans), après le suicide de sa mère. Génie des mathématiques, la fillette va se retrouver au coeur d’un conflit familial tournant autour de cette question : Mary doit-elle suivre sa grand-mère afin d’exploiter son potentiel intellectuel, ou bien doit-elle rester avec son oncle et vivre ordinairement sa vie d’enfant. Un questionnement qui débouche, évidemment, sur le problème de l’éducation. 

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Même si le scénario interpelle et s’ancre dans l’actualité, Marc Webb ne parvient pas à aller au bout de son raisonnement. Prévisible, on devine dès la première demi-heure, le cheminement de l’intrigue : une famille se déchirant pour la garde d’un enfant. Un sujet épuisé certes, mais qui aurait très bien pu se moderniser en apportant une pointe d’originalité à ce tout. En souhaitant plus que tout faire de Mary, un “exercice de simplicité“, le réalisateur s’est perdu dans son propre jeu. Longueurs omniprésentes, dialogues vides et moments creux, Mary sombre au fur et à mesure que le temps passe, dans le mélo-drame. Décevant.

Et pourtant, même si le scénario est loin d’être parfait, la performance des acteurs sauve le tout. Le personnage de Mary, incarnée par la jeune Mckenna Grace, est d’une justesse infinie et d’un naturel frappant. Elle est l’élément central du film mais également son point fort. Autant dire que Mary ou Gifted (version originale) ne saurait exister sans elle. Quant à Chris Evans, il parvient à nous montrer un nouveau jeu d’acteur, sensible et touchant, bien loin de son illustre rôle dans Marvel. En 2016, il était passé de l’autre côté de la caméra en réalisant Before We Go, une romance tout en naturel et une jolie surprise qui laissait entrevoir, un nouvel avenir pour l’américain. 

Mary est une comédie dramatique en demi-teinte, au synopsis certes original, mais au rendu final décevant. En effet, il est bien difficile de se détacher de l’emblématique et si singulier (500) jours ensemble

Mary : Bande Annonce