Critique de Peggy Guggenheim, la collectionneuse de Lisa Immordino Vreeland

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Retour sur le portrait intimiste de Peggy Guggenheim, mis en lumière par Lisa Immordino Vreeland. Un hommage intime, toutes en révélations.

D’une femme, surgie un mythe

Icône féminine de l’art moderne, Peggy Guggenheim est aujourd’hui une légende. Disciple de Marcel Duchamp, amante de Max Ernst et de bien d’autres artistes, cette femme libérée est une personnalité emblématique du XXe siècle. Figure artistique au talent reconnu, la vie de Peggy Guggenheim est quant à elle, une énigme. Ce documentaire, réalisé par Lisa Immordino Vreeland, dépoussière avec élégance, les nombreux mystères autour de cette icône. De révélations intimes, aux recueils de témoignages, ce film est une biographie ouverte, de LA mécène américaine.

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Une enfance solitaire

“Elle a commencé quelque part, et elle a fini ailleurs.”

Peggy Guggenheim est partie de rien, pour arriver à un tout. Héritière d’une famille fortunée, nous pourrions penser que l’argent fut le moteur de son succès. Et pourtant. Enfant, la jeune Peggy est rapidement devenue modeste, après la disparition de son père, dans le naufrage du Titanic. Elle avait treize ans. Son enfance, Peggy l’a passé dans la dépression, rongée par l’inquiétude. Cette sombre jeunesse a forgé sa personnalité : celle d’un esprit rebelle dans un corps libéré.

C’est à vingt ans que la jeune femme commence à devenir une artiste. Guidée par ses envies, elle s’est retrouvée du jour au lendemain à Paris. Selon ses mots, la capitale ressemble à un rêve. C’est dans cette ville que Peggy Guggenheim se façonne une nouvelle image, celle d’une vie de bohème en parfaite opposition avec son passé bourgeois. De rencontres en rencontres, d’échanges en échanges, la jeune femme s’acclimate doucement au monde artistique. D’une enfant brisée à une femme épanouie, c’est durant cette période d’éveil personnel que Peggy multiplie les relations amoureuses avec différents artistes : Max Ernst, Jackson Pollock… Peggy Guggenheim était une femme à hommes, et elle le faisait savoir.

Une envolée artistique 

Son succès, l’artiste le doit à Marcel Duchamp. À la fois conseiller, ami et amant, il a ouvert son esprit et son goût à l’art abstrait. C’est donc tout naturellement que Peggy Guggenheim est devenue une figure féminine de l’art moderne et contemporain. L’artiste a trouvé dans l’art, une façon de noyer son chagrin. La mystérieuse vie de Peggy a été baignée par la tristesse et la déception. Le monde artistique a donc donné un sens à sa vie et lui a permis de se découvrir émotionnellement. 

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Le documentaire met en lumière le riche parcours de l’artiste, de l’ouverture de sa galerie “Guggenheim Jeune” à New York, à l’explosion de son talent, avec la création de son musée sur le Grand Canal de Venise. Véritable autodidacte, l’incroyable collection de Peggy Guggenheim est née de son attirance pour l’art. À la fin de sa vie, son palmarès artistique s’élève à 326 oeuvres de plus de dix artistes différents. Une réussite inégalable. 

“Je peux être jalouse du futur. C’est horrible de vieillir. C’est ce qui peut vous arriver de pire. J’ai le sentiment d’avoir atteint mon but.”

Collectionneuse d’un genre nouveau, Peggy Guggenheim a révolutionné le monde artistique. Ce portrait élogieux, dressé par Lisa Immordino Vreeland, est un hommage sincère et sans artifice. 

Peggy Guggenheim, la collectionneuse : Bande Annonce

Fiche Technique : Peggy Guggenheim, la collectionneuse

LISA IMMORDINO VREELAND (Réalisatrice)
STANLEY BUCHTHAL,
BERNADINE COLISH (Monteur)
PETER TRILLING (Directeur de la photographie)
BONNIE GREENBERG (Producteur exécutif de la musique)
STEVE ARGILA (Compositeur)

États-Unis – 2017