Critique de Volontaire : Une histoire faussement égale

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Ce mercredi 6 juin sortait dans les salles Volontaire, deuxième long-métrage de Hélène Fillières. L’actrice et réalisatrice nous conte, à travers ce film, le parcours d’une jeune femme engagée dans la Marine Nationale. Critique d’un film intéressant, mais peut-être trop ambitieux.

Une mise à mal des stéréotypes de genre ?

Découragée par ses longues années d’études qui ne lui permettent pas de s’épanouir, Laure (interprétée par Diane Rouxel) décide de changer radicalement de vie. Du jour au lendemain, la jeune femme de 23 ans quitte ses proches pour aller défier la Marine Nationale. Malgré son jeune âge et son « handicap » d’être une femme, Laure va tout faire convaincre le commandant (incarné à l’écran par Lambert Wilson) de suivre une formation de commando, habituellement réservée aux hommes. Un dévouement qui va inévitablement la porter en haut de l’échelle. Si Volontaire avait toutes les qualités pour marquer les esprits (dans un climat favorable aux valeurs portées) il nous laisse pourtant avec une légère pointe de déception. De frustration.

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Mais commençons par la note positive, à savoir la figure de l’actrice principale. Diane Rouxel, nommée en 2016 au César du meilleur espoir féminin pour son rôle dans La Tête haute, illumine l’affiche et révèle l’immensité de son talent, et ce, dès les premières minutes du film. C’est avec beaucoup d’émotions qu’elle parvient à se créer une place dans ce monde dominé par la présence masculine. Aucune confrontation n’est ainsi envisagée et tout devient alors si légitime. Du moins, en apparence. Pour aller sur le chemin de l’égalité,  la réalisatrice Hélène Fillières a choisi de ne surtout pas masculiniser son héroïne.  Un choix judicieux, qui permet évidemment d’insister sur la parité homme-femme.

Si le sujet semble être particulièrement au goût du jour, le film s’étouffe pourtant. Car Volontaire souffre d’une ambiguïté dérangeante et extrêmement nuisible, à savoir la relation non explicite entre la jeune élève et son commandant. Si ce sentiment amoureux n’est jamais vraiment révélé à l’écran, la moralité qui s’en dégage se révèle pourtant décevante. En effet, pour se faire une place dans ce monde fermé que représente l’armée, Laura a besoin d’exister dans les yeux et surtout dans le cœur du glaçant commandant. Pourquoi cette histoire d’amour est-elle entièrement construite autour de sous-entendus ? Telle est la question qui reste en suspend. Cette idée, bien contradictoire aux devises portées par cette œuvre, amène une fois encore à l’alarmant constat que quelque soit la situation, l’homme domine toujours. Une conclusion illusoire, qui amène à tout un tas de questionnements. Si Volontaire divise la critique, il a tout de même le mérite d’ouvrir une fois encore le débat houleux sur l’égalité homme-femme. Et là réside tout le progressisme de cette œuvre.

En se faisant une idée romanesque de l’armée, la réalisatrice fait de son film un récit malheureusement un peu maladroit pour convaincre totalement.

Volontaire :  Bande Annonce

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