Critique England Is Mine : Portrait métaphorique d’une étoile du rock

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C’est désormais une mode bien ancrée dans les mœurs, chaque étoile de la scène musicale a aujourd’hui le droit à son biopic. Le leader et membre fondateur du légendaire groupe The Smiths, Steven Morrissey, n’échappe pas à la règle. England Is Mine de Mark Gill, se dessine comme un portrait ambitieux d’une époque révolue.

Une ère de rock et de changements

Comment “Le Moz” est-il devenu une véritable icône du rock anglais ? Grâce à un style, une voix et une audace inestimables. Sous ses airs de biopic, England Is Mine se dévoile avant tout comme une comédie dramatique, aux multiples facettes. En mettant en lumière les débuts compliqués de Steven Morrissey, le réalisateur britannique, n’a pas simplement peint la naissance d’une rock-star, mais le portrait d’un environnement tout entier. En apparence, Mark Gill raconte l’arrivée du futur artiste dans une famille d’immigrés irlandais catholiques, ses années difficiles dans la banlieue de Manchester, son petit job de collecteur de taxes, sa dépression chronique, mais aussi et surtout, sa passion dévorante pour la littérature et la musique. Mais lorsqu’on effeuille cette œuvre, on comprend rapidement qu’elle ne traite pas du succès, mais des nombreux sacrifices entrepris pour pouvoir être un artiste. Une problématique qui continue de perdurer, cinquante plus tard.

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Jodie Comer, Jack Lowden et Jessica Brown Findlay

Pendant près de 94 minutes, les spectateurs se retrouvent plongés dans les années 70, au cœur d’une décennie marquée par une grande période de changements à la fois culturels, politiques et sociaux. England Is Mine est un portrait réaliste de la “working class” britannique, autrement dit les artistes de l’ombre, qui tentent inlassablement de vivre de leur passion. Grandir puis s’affirmer, deux mots symboliques qui illustrent particulièrement bien toute la trame de cette œuvre, belle de sens.

J’ai essayé de faire une histoire assez universelle pour toucher un public qui va au-delà des fans des Smiths. Mark Gill

Pour endosser le rôle du leader du groupe anglais, c’est l’acteur Jack Lowden qui a été choisi. Notamment remarqué pour sa performance dans Dunkerque (2017) de Christopher Nolan, le britannique apparaît aujourd’hui comme étant une étoile montante du cinéma. À ses côtés, on retrouve deux actrices Jessica Brown Findlay (Downton Abbey) et Jodie Comer (Journal d’une ado hors norme). Trois rôles distincts, mais trois brillantes performances. Outre sa belle moralité et son grand jeu d’acteurs, England Is Mine se démarque également par son esthétisme particulièrement sombre. La beauté de la photographie se mêle avec élégance à la musique (aucune chanson des Smiths car l’histoire se déroule avant !), nous offrant ainsi, un intense spectacle visuel et sonore. On découvre ce semi-biopic avec une certaine nostalgie de ce groupe, bel et bien ancré dans les mémoires. England Is Mind sort au cinéma ce mercredi 7 février. Alors, bon visionnage !

England Is Mine : Bande Annonce