Critique Le Jour de mon retour : Une folie à la dérive

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De l’histoire vraie à l’adaptation au cinéma, il n’y a qu’un pas, qui peut parfois se transformer en un véritable obstacle. Le Jour de mon retour de James Marsh en est la plus belle preuve. Critique d’un film sincère, mais peut-être trop ambitieux.

Un périple périlleux

James Marsh est un mordu d’histoires vraies, et il nous le fait parfaitement comprendre. En 2015, le cinéaste britannique nous livrait l’une de ses plus belles réalisations, Une merveilleuse histoire du temps. Nominé 16 fois et récompensé par 6 prestigieux prix, ce film sur le physicien Stephen Hawking, est aujourd’hui devenu une grande référence en matière de biopic. Huit ans après ce succès grandissant, le réalisateur revient avec une nouvelle histoire emplie de vérité. Le Jour de mon retour met en scène le voyage solitaire de Donald Crowhurst (incarné à l’écran par Colin Firth), un homme d’affaire au bord de la faillite. Pour rebondir face à cette alarmante situation, le passionné de voile décide de participer à un tour du monde maritime pour tenter de remporter le gros lot. Soutenu par sa femme (interprétée par la talentueuse Rachel Weizs) et ses enfants, le père de famille va s’embarquer dans un long périple à travers les mers déchainées.

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Colin Firth

Pour mettre en lumière, avec le plus de sincérité, ce drame biographique, James Marsh s’est inspiré des propres écrits du navigateur. En effet, durant son long voyage en solitaire, l’homme a lui-même rédigé ses mémoires tels que ses carnets de bord, ses journaux intimes et les lettres qu’il écrivait à sa femme. Et avec autant d’authenticité, l’émotion ne peut qu’opérer. Pourtant, si le naturel nous charme, la globalité de cette œuvre nous laisse un goût amer. Dès les premières minutes, le Britannique enrobe la linéarité de son récit d’une mélancolie poignante et bien omniprésente. Les scènes se succèdent et se ressemblent. En s’éloignant peu à peu de son sujet de prédilection (le périple de Donald Crowhurst), James Marsh plonge son film dans une platitude des plus pesantes. Accordant de nombreuses scènes à la famille du navigateur, il privilégie l’angle mélodramatique, le moins intéressant. Le naufrage semble alors, inévitable.

Heureusement, le casting solide réussit à sauver ce film manquant cruellement d’entrain. Colin Firth incarne avec une grande sagesse le personnage de Donald Crowhurs, cet homme au destin tragique. Entre sincérité et mensonge, amour et fierté, il interprète brillamment ce père de famille aimant, tout d’abord soucieux du bonheur de son entourage puis sombrant peu à peu dans la folie. Quant à Rachel Weizs, elle parvient à apporter un brin d’intensité à cette réalisation, grâce à son rôle d’épouse fidèle, qui reste forte face à toutes les situations, même les plus difficiles. Le casting est donc le gros point positif de biopic dramatique. 

Si Le Jour de mon retour se dessine comme une adaptation cinématographique peu intense, il reste pourtant une belle prise de risque et un hommage sincère à ce navigateur, au funeste destin. Alors, découvrez dès à présent ce périlleux tour du monde maritime, dans votre cinéma Multiplexe Liberté à Brest.

Le Jour de mon retour : Bande Annonce