Critique Le Tombeau des lucioles : Une éternelle nostalgie

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Le maître japonais de l’animation, Isao Takahata, vient de nous quitter. Il y a vingt-deux ans, le réalisateur et cofondateur du studio Ghibli, touchait les spectateurs en plein cœur grâce à son œuvre d’une beauté et tristesse infinies, Le Tombeau des lucioles. Critique d’un film bouleversant, qui vous marque à jamais.

Le chef d’œuvre d’Isao

« La nuit du 21 septembre 1945, je suis mort ». C’est sur ces mots, forts de sens, que s’ouvre la plus poétique des œuvres d’Isao Takahata. Le Tombeau des lucioles raconte la tentative désespérée de survie d’un adolescent de quatorze ans et de sa petite sœur de quatre ans, pendant l’été 1945, après le bombardement de Kobe pendant la Seconde Guerre mondiale. Seita et Setsuko s’installent dans un bunker désaffecté, où brille la lumière des lucioles, unique symbole de vie. C’est ainsi que les deux orphelins vont tenter de survivre, grâce au simple bonheur d’être ensemble. Évidemment, vous n’êtes pas sans savoir que cet inoubliable film d’animation japonais, est une pure claque émotionnelle. Ce récit, à la fois sublime et horrible d’une enfance sacrifiée, nous bouleverse en un rien de temps. Les 90 minutes sont racontées en flash back et retirent tout espoir quant à la trajectoire que prend le film : le récit est douloureux, réaliste et sans concession.

Pourquoi les lucioles meurent tellement vite ?

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Les orphelins Seita et Setsuko

Le Tombeau des lucioles est une œuvre particulièrement symbolique. Ce titre poétique est en réalité une magnifique métaphore de l’existence que mène les deux jeunes enfants. Comme deux lucioles abandonnées, leur scintillement se fait de plus en plus faible dans un univers où le spectre de la mort est omniprésent. Et là réside toute la prouesse narrative de ce film. Entre long-métrage et documentaire, Le Tombeau de lucioles est une œuvre multi-genre, qui vient questionner la sombre thématique de l’enfance face à la guerre. Un sujet délicat, brillamment mis en lumière par Isao Takahata.

Vingt ans après sa sortie dans les salles, ce classique du cinéma continue toujours de briller. Sublime et atroce, sombre et lumineux, Le Tombeau des lucioles se dessine comme une merveilleuse œuvre paradoxale, rendant hommage aux jeunes enfants sacrifiés. Une histoire glaçante, à l’image de sa bouleversante et mélodieuse B.O. On ne peut l’oublier…

Le Tombeau des lucioles : Bande Annonce