Critique « My Beautiful Boy » : Les mémoires d’un père endeuillé

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Un mois jour pour jour après la sortie nationale de Ben Is Back de Peter Hedges, un nouveau drame familial sur l’addiction revient bouleverser l’écran. My Beautiful Boy de Felix Van Groeningen raconte les mémoires d’un père de famille qui tente de sauver son fils de la dépendance.

Douce balade dramatique

 

 

Plus que tout.

 

 

Inspiré d’une histoire vraie, My Beautiful Boy retrace avec sensibilité l’impossible combat de David Sheff, journaliste et père de famille de trois enfants, pour sortir de son addiction à la méthamphétamine son fils aîné, Nicolas. Pourtant, rien ne prédestinait le jeune homme à ce funeste destin. Brillant, sportif, à l’esprit vif et cultivé, Nic représentait pour son père, un parfait modèle de la sagesse et réussite. De consommateur occasionnel, le jeune majeur va s’enfermer dans un cercle infernal jusqu’à devenir purement dépendant à l’héroïne. Une destinée tragique, qui touche aujourd’hui de plus en plus de jeunes. L’année dernière, 72 000 Américains ont succombé à ce fléau en mourant d’overdose.

Avec ce biopic, Felix Van Groeningen ne fait pas de son œuvre une parade tragique. Loin de tomber dans le mélodrame larmoyant, My Beautiful Boy mêle les émotions avec subtilité. Le cinéaste belge flamand présente avec grandeur ces différents personnages, incarnés sans aucun cliché. On y découvre avec surprise une famille soudée, à l’apparence comblée de bonheur, mais en réalité détruite par l’addiction de Nic.

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Timothée Chalamet crève l’écran dans un rôle de jeune homme devenu accro à l’héroïne.

Avec un naturel frappant, le film montre l’engrenage dans lequel le jeune homme est tombé et le chemin de croix que constituent les innombrables tentatives de son père pour le sortir de cet enfer. Une réalisation juste et efficace, mais qui aurait toutefois méritée plus de profondeur en terme d’émotions. La structure narrative qui saute de flashbacks en flashbacks peut parfois perturber le spectateur. En effet, ce choix scénaristique utilisé pour refléter le conflit intérieur des personnages, réduit quelque peu l’intensité de l’histoire. Pourtant, il reste très difficile de ne pas être touché par la fragilité du jeune Nicolas. Les émotions sont réelles, les sensations fortement présentes.

Évidemment, on ne peut que féliciter les performances saisissantes de Steve Carell et Timothée Chalamet. Ce premier inonde l’écran de tout son talent à travers le portrait d’un simple père de famille. Il réussit à montrer que malgré l’amour inconditionnel qu’il porte à son fils, cela ne suffit malheureusement pas à le ramener à la vie. Pour ce qui est du talentueux Timothée Chalamet, il incarne avec une incroyable simplicité cette jeune personne saccagée intérieurement par la drogue. Malgré son passé brillant, sa personnalité attendrissante et le soutien de ses proches, il continue de s’autodétruire en se noyant dans l’addiction. Comme à son habitude, le jeune Chalamet nous bouleverse tout simplement par son jeu d’acteur authentique et profond.

Pour son premier long-métrage en anglais, le réalisateur Felix Van Groeningen s’est attaqué à un sujet universel et intense. My Beautiful Boy se dessine comme une balade dramatique, portée par des acteurs de qualité et une bande originale enivrante. Un drame puissant sur l’amour filial et la volonté de survivre. Tout simplement.

My Beautiful Boy : Bande Annonce