Critique Nous, les Coyotes : L’envers sans gloire du rêve américain

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Après de nombreuses projections en avant-première à travers toute l’Europe, le premier long métrage de Marco La Via et Hanna Ladoul sort enfin dans les salles. Nous, les Coyotes est une plongée au plus profond de l’éternel mythe du rêve américain. 

Une jeune désillusionnée

 

Cela s’appelle le rêve américain pour une bonne raison : vous devez restez endormi pour y croire.

George Carlin

 

Anciens étudiants en journalisme, Marco La Via et Hanna Ladoul se sont rencontrés sur la Croisette. Une rencontre pleine de symbolique pour ce couple qui allait devenir quelques années plus tard, de jeunes réalisateurs prometteurs. Après avoir réalisé un documentaire sur les femmes dans l’extrême-droite (Le Populisme au féminin) ainsi qu’un court métrage sélectionné dans de nombreux festivals (Diane from the moon), Marco et Hanna ont décidé de partir à l’aventure à Los Angeles et de vivre à leur manière, le rêve américain. C’est de cet incroyable parcours que les deux jeunes réalisateurs puisent leur inspiration et livrent aux spectateurs leur premier long métrage, Nous, les Coyotes.

Ce film met en lumière le voyage d’un jeune couple, animé par un fort désir de liberté. Amanda (Morgan Saylor) et Jake (McCaul Lombardi), 20 ans, débarquent à L.A. dans le but de vivre une vie épanouie. Portés par leur légèreté et leur amour sans faille, ces deux amants vont très rapidement découvrir les mirages et espoirs du rêve américain. Confrontés à une réalité plus difficile, Amanda et Jake vont devoir faire face aux désillusions auxquelles ils se retrouvent inévitablement confrontés. Ce nouveau départ, en apparence plein d’optimisme, les changera à jamais. Nous, les Coyotes est un récit d’initiation intimiste et réaliste, qui dépeint avec justesse les déboires d’une jeunesse rêveuse. C’est poétique, vivant et sans aucun doute un brin autobiographique.

 

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Nous, les Coyotes de Marco La Via et Hanna Ladoul.

Nous, les Coyotes est un très beau film indépendant qui raconte l’histoire sur 24 heures, d’un jeu couple qui lutte pour s’en sortir. Une aventure nostalgique, quelque peu inspirée de l’expérience personnelle de Marco et Hanna. Mais ce premier long métrage révèle également un style proche de celui la réalisatrice Andrea Arnold et de son magnifique road-movie freestyle, American Honey. Tout comme cet incroyable film plébiscité par la critique, Nous, les Coyotes se dessine comme un drame teinté par l’emprise du rêve américain. Le film dévoile les revers de cet eldorado et nous conte purement et simplement le bonheur d’une jeunesse désabusée, en quête d’une éternelle utopie.

La B.O. est également un élément très important de ce film. Une bande-son éclectique,  qui reflète la vie à Los Angeles et la richesse musicale de cette ville cœur de l’industrie cinématographique et télévisuelle. La musique domine cette œuvre, la rendant plus belle, plus vraie, plus intense. Nous suivons de près le voyage de ce couple rêveur et nous vagabondons au rythme de leurs pas dans ce périple fou et opportun. Nous, les Coyotes de Marco La Via et Hanna Ladoul est une ode à la vie subtile et sincère. Un premier long métrage foisonnant, qui dépoussière avec justesse l’éternel mythe de l’eldorado américain. 

Nous, les Coyotes : Bande Annonce