Interview de Quarxx : À la rencontre du surréalisme

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Suite à son succès et son passage très remarqué au Sundance en 2016, le court-métrage Un Ciel Bleu Presque Parfait continue de prendre son envol en devenant aujourd’hui un long métrage. Nous sommes allés à la rencontre de son brillant réalisateur, Quarxx, adepte du cinéma surréaliste. 

 

Le surréalisme permet de voir la vie sous un autre prisme.

 

Bonjour Quarxx. Depuis deux ans, votre court-métrage « Un Ciel Bleu Presque Parfait » connaît une incroyable ovation. Il s’agit d’un film d’horreur bouleversant, dérangeant et surtout profondément humain. Comment est née l’idée d’un tel scénario ?

C’est un peu particulier mais l’idée de départ m’est venue alors que j’assistais à une autopsie dans le cadre d’un documentaire que je réalisais. Le corps était celui d’une jeune femme qui avait été retrouvé au domicile de son frère plusieurs mois après son décès. Celui-ci vivait au quotidien avec le cadavre de sa sœur sous le même toi, n’arrivant pas à se séparer d’elle. Je me suis mis à imaginer le destin de cette jeune femme et le quotidien tragique d’une fratrie discordante.

Face à ce très beau succès, vous avez décidé de faire de ce format court un premier long-métrage intitulé « Tous les dieux du ciel ». Quelles difficultés avez-vous rencontré dans l’adaptation de cette œuvre ?

Les choses ne ce sont pas exactement passées de cette manière car dés le départ, le film avait été pensé comme un long métrage mais je n’étais pas arrivé à trouver les producteurs adéquats et le financement nécessaire à la réalisation de ce projet. J’ai donc réduit le scénario à son strict minimum et après bien des péripéties, le court-métrage « Un Ciel Bleu Presque Parfait » a pu voir le jour.  Suite à son succès, il m’a été plus facile de convaincre producteurs et investisseurs de se lancer avec moi dans l’aventure du long.

Le film est produit par les sociétés To Be Continued et Tobina Films en association avec ma société Transgressive Production et je dois dire que malgré un budget assez serré, je n’ai pas rencontré d’énormes difficultés à adapter le court en long. Paradoxalement le court a été bien plus complexe à mettre en œuvre que le long !

En tête d’affiche nous retrouvons Jean-Luc Couchard et Mélanie Gaydos, Pourquoi ce choix de casting ?

J’avais beaucoup aimé Jean Luc Couchard dans Dikkenek et dans Dead Man Talking. Je savais que c’était un acteur formidable. Il a tourné dans beaucoup de comédies populaires et j’avais envie d’utiliser le contre emploi pour ce rôle sombre et dramatique. Connaissant aussi sa prestation dans Calvaire de Fabrice Du Welz, je savais son penchant pour des sujets plus durs.

Quand à Mélanie Gaydos, il ma fallu plus d’un an de recherche pour la trouver ! Elle est totalement unique de par son physique atypique et dégage à la fois une force rayonnante et une très grande fragilité. Je voulais quelqu’un qui puisse incarner physiquement le dénuement et la solitude dans laquelle le personnage se trouve plonger. Ça a été un vrai bonheur d’avoir eu la chance de travailler avec elle.

 

Paradoxalement le court a été bien plus complexe à mettre en œuvre que le long !

 

Le surréalisme se révèle être particulièrement présent dans vos films. Que représente pour vous ce faussé entre réalisme et science-fiction ? 

J’aime beaucoup le surréalisme surtout lorsqu’il intervient dans un contexte réaliste et terre à terre, comme une porte qui s’ouvrirait quelques instants sur un autre monde qui n’est pas régi par nos propres règles, nos certitudes ou nos vérités. Le surréalisme permet de voir la vie sous un autre prisme.

Lorsqu’on découvre l’intégralité de votre filmographie, on remarque une certaine omniprésence de l’obscurité. Cette atmosphère nocturne est-elle principalement due à un choix esthétique ou bien est-elle pour vous une véritable source d’inspiration ?

J’aime tout ce qui est en marge, ceux qui ne rentre pas dans les cases, ceux qui dérangent, les outsiders, les désespérés magnifiques. L’obscurité et tout ses travers sont un terrain d’exploration propice à mon univers

Avez-vous de nouveaux projets pour la suite ?

Bien-sûr. Le film sortira dans les salles Française début 2019 mais avant, je vais l’accompagner dans quelques festivals. Sinon je viens de terminer l’écriture de mon prochain long métrage… Encore une fois on sera loin de la comédie familiale

Si vous deviez définir votre univers en un mot, lequel serait-il ?

Singulier.

Un Ciel Bleu Presque Parfait : Bande Annonce

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