Interview de Swann Arlaud : L’étoile montante du cinéma français

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Véritable révélation de l’année 2018, Swann Arlaud est aujourd’hui l’acteur dont tout le monde parle. De la comédie à la réalisation, l’artiste aux multiples talents nous ouvre aujourd’hui les portes de son riche univers.

 

Être acteur est un laboratoire de recherche sur soi-même et sur l’humain en général.

 

Bonjour Swann et félicitation pour votre César du meilleur acteur dans Petit Paysan. On peut désormais dire que vous êtes l’une des étoiles montantes du cinéma français. Comment avez-vous vécu ce succès et en quoi ce prestigieux prix a-t-il changé votre carrière de comédien ?

Bonjour, le césar est d’abord une preuve de reconnaissance des professionnels et en cela c’est un grand honneur ! Ce qui change c’est que je reçois plus de scénarios, c’est le rêve de tout acteur je crois, d’avoir le choix.

En 2017 vous avez réalisé en compagnie de votre mère, Tatiana Vialle, le court métrage Venerman, portrait réaliste d’un adolescent en conflit avec la société. Quels souvenirs gardez-vous de cette expérience familiale ?

Un très bon souvenir ! Nous avons écrit le film pour mon frère, Tobias Nuytten. Barnabé Nuytten, y a signé en partie la musique, Sarah Boutin, a fait l’image. C’était vraiment une entreprise familiale ! La famille est très importante pour moi, travailler ensemble était un vrai plaisir, une évidence même. J’écris souvent avec ma mère, nous sommes assez complémentaires. Venerman est un premier film, nous y avons appris beaucoup. Les sélections en festival, autant que les gens qui viennent nous voir touchés par le film, tout cela donne de la force et l’envie de continuer.

swann-arlaud-larsrubyEn parallèle de votre métier d’acteur, une carrière dans la réalisation est-elle envisageable ?

Oui mais je ne suis pas pressé. Comme tout métier, il s’agit d’abord d’apprendre, d’essayer. J’espère un jour pouvoir faire tout ça, jouer, écrire, réaliser (mais pas tout en même temps!). Mon métier de comédien me laisse du temps, il est important donc d’avoir d’autres chats à fouetter !

 

Il y a une nouvelle génération de cinéastes qui s’écartent du « réalisme » pour raconter des histoires tout aussi réelles. Ce cinéma-là me parle, j’ai envie d‘en être.

 

On vous a récemment vu à l’affiche de Gros Chagrin de Céline Devaux, film mi-animé, mi en prises de vues dans lequel vous partagez l’écran au côté de Victoire Dubois (Call Me By Your Name). Le court métrage illustre le déchirement d’un couple. Qu’est-ce qui vous a séduit à la lecture de ce scénario très poétique ?

Le travail de Céline me fascine. J’avais adoré « Le repas dominical » !

Quand elle m’a contacté pour « Gros Chagrin » j’ai tout de suite été conquis par le scénario, sa façon de raconter des choses quotidiennes et universelles. Céline a un grand talent, pas seulement de dessinatrice mais aussi d’écriture, beaucoup d’humour et de poésie. Ce genre de projets en dehors des sentiers battus est tout à fait là où j’ai envie de me situer. Il y a une nouvelle génération de cinéastes qui s’écartent du « réalisme » pour raconter des histoires tout aussi réelles, se baladant entre les genres. Ce cinéma-là me parle, j’ai envie d‘en être.

Être acteur, c’est quoi pour vous ?

C’est être au service d’une histoire, d’un personnage, d’un.e réalisateur.trice. C’est rendre sa part poétique au monde, sa part d’invisible, laisser libre cours à l’imaginaire, nourrir le réel, le révéler. C’est un laboratoire de recherche sur soi-même et sur l’humain en général. C’est à la fois narcissique et généreux. Tantôt futile, tantôt politique, tantôt métaphysique…

Si vous deviez définir votre univers en un mot, lequel serait-il ?

Un train.

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