Interview : Joey Greene et sa construction du rêve américain

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Des milliers de talents fleurissent chaque jour sur le sol des États-Unis. C’est le cas de Joey Greene, un jeune américain de 26 ans, qui a décidé de s’illustrer derrière la caméra. À force de persévérance, Joey a réussi à se démarquer. 

Mon univers a plusieurs couches.

Bonjour Joey. De la danse et de l’horreur, vos courts-métrages sont assez hétéroclites. Quelles sont vos influences ?

Beaucoup de mes influences viennent des choses que j’aime dans ma vie. Je suppose que le point commun entre ces deux films est une volonté de créer des moments. Avec Polaroid, je voulais vraiment un beau moment cinématographique, notamment quand il réalise qu’il y a quelque chose dans la pièce avec lui. Je voulais que les images soient si riches qu’elles puissent avoir un impact plus profond que de simplement faire peur aux gens. Je ne peux pas en dire de même pour le film de danse de Katie Reese parce que ces moments sont venus de sa chorégraphie et toute la mise en scène a été exécutée de manière spontanée. Mon rôle dans ce projet a été de faire en sorte que ce soit différent d’une simple vidéo de danse filmée en une prise. Pour moi, il ne s’agissait pas tant de la chorégraphie que de son lien avec Craig sur le plateau et je suis juste reconnaissant envers Katie d’avoir suffisamment influencé ma direction pour que mon DP et moi puissions capturer ces moments comme nous le voulions.

Polaroid est un court-métrage fascinant qui réussit en seulement 3 minutes, à nous effrayer. Le scénario est assez similaire à Lights Out de David F. Sandberg. Est-ce votre choix ?

David F. Sandberg a été d’une grande influence pour nous. Nous avions une équipe de 4 personnes : une personne qui faisait les prothèses de monstre toute la nuit puis moi, mon DP et un ami. Donc, avec un si petit groupe, nous avons pris quelques idées du style cinématographique de Sandberg. Plus important encore, nous avons fait tous nos enregistrements audios en post-production, car nous ne pouvions pas nous permettre d’utiliser l’audio sur le plateau. Ne pas enregistrer de son sur le plateau nous a forcé à nous concentrer sur chaque couche et je pense que cela a apporté beaucoup plus de valeur à la production que dans nos précédents projets. Nous avons aussi écris avec ce que nous avions : 500$, un appartement, deux caméras polaroid, un maquilleur FX, un acteur et un mauvais appareil photo. Tout récemment, nous avons pu nous offrir un Red après avoir gagné un concours de vidéo Teammobile, et cette chose est incroyable. Ce que Sandberg a vraiment fait, c’est nous donner l’espoir que ce petit film de pratique pourrait avoir un impact important si nous le faisions correctement. David F. Sandberg a rendu le cinéma plus amusant encore.

Un long-métrage est-il envisageable dans l’avenir ?

Absolument, nous avons déjà eu quelques propositions. Il y a un long métrage qui sortira en 2018, appelé Polaroid, qui parle d’une caméra maléfique qui vous tue si vous prenez une photo ou quelque chose comme ça. Tant que les investisseurs potentiels comprennent que la caméra Polaroid dans notre court métrage, est juste une fenêtre sur le monde que nous avons créé et pas le véhicule de notre idée, alors je pense que nous n’aurons aucun problème pour aller de l’avant.

 

J’acceptais toutes les opportunités parce que j’étais désespérée financièrement.

 

Un mot sur votre parcours.

J’ai 26 ans et je viens de Seattle, WA, sur l’île de Mercer “Poverty Rock”. J’ai commencé à vraiment faire du cinéma quand j’étais à la moitié de mes études, à l’école de commerce à l’Université d’État de Washington. J’ai d’abord commencé en tant que musicien, surtout parce que j’ai vu toute ma vie mon père dans les groupes de bar, mais je n’ai jamais vraiment compris que le cinéma était une option. J’écrivais ces longues chansons qui étaient terribles parce qu’elles étaient pour moi des idées de films.

Quoi qu’il en soit, j’ai rendu visite à ma grand-mère à cette époque et nous avons regardé une vieille vidéo de famille, filmée à l’âge de 10-12 ans. J’ai vu du potentiel dans cette vidéo. Je faisais de bons coups de jib et de dolly et je ne savais même pas ce que c’était. J’ai donc commencé à me mettre à 120% dans la réalisation de films, à faire des vidéoclips pour des rappeurs locaux et à travailler avec n’importe qui sur n’importe quel projet. Je lisais et regardais obsessionnellement des vidéos sur le métier toute la journée. Après mes études, j’ai déménagé à Los Angeles. Je conduisais pour Uber et travaillais à moitié aussi en tant qu’éditeur freelance. J’acceptais toutes les opportunités parce que j’étais désespérée financièrement. Je n’avais que très peu d’argent pour un repas par jour, mais je pouvais gagner de l’argent en éditant depuis mon canapé et en conduisant, donc cette vie a bien fonctionné pour moi temporairement. C’est vraiment difficile de survivre ici quand vous commencez surtout quand vous apprenez encore. J’ai fini par me lier avec la société de production de Marlon Wayan en tant que rédacteur en chef pour leur département improvisé, en gros je travaille aléatoirement en tant que AC, AD, AE, PA et éditeur chaque fois que l’occasion se présente.

Si vous deviez définir votre univers en un seul, lequel serait-il ?

Mon univers a plusieurs couches.

À seulement 26 ans, Joey Greene est la preuve que la persévérance mène quiconque là où il le veut vraiment. Un jolie message d’espoir, pour les passionnés de la vie.

Polaroid : Court métrage