Interview : Maylis de Poncins, la sensibilité d’une artiste

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À la fois sensible, poétique et rêveuse, la jeune comédienne Maylis de Poncins incarne à elle seule, la définition même d’une artiste. Elle nous parle aujourd’hui de son film “Je suis assouvi, qu’elle a écrit et réalisé. Un court-métrage empli d’humanité et de fraîcheur. 

J’ai voulu rendre le désir vivant. 

Bonjour Maylis, vous nous offrez avec « Je suis assouvi », un très beau cadeau. Poétique, subtil et touchant, votre film est une véritable ode à la vie. Comment l’idée du scénario vous est-elle venue ?

On a tous en nous des désirs, des envies que l’on aimerait assouvir. Mais souvent on ne va pas au bout, on a peur du jugement des autres ou on remet au lendemain. C’est ce qui m’arrive régulièrement d’ailleurs ! J’ai eu envie de raconter à quel point on peut être libéré quand on écoute ses désirs, que c’est finalement important de le faire, et que l’on doit s’écouter pour pouvoir se sentir libre… J’ai voulu rendre le désir vivant et le considérer comme un réel cadeau que l’on doit ouvrir et donc écouter. 

Il y a une part de moi dans cette histoire, je commence tout juste à m’écouter véritablement même si j’ai encore du chemin à faire (rires)!

Comment vous y êtes-vous prise pour concentrer votre film en seulement 2 minutes 20 ?

A la base mon scénario faisait 3m30. Mon assistant Lydéric Duthuille, qui m’a énormément aidé sur ce projet, m’avait dit d’essayer de réduire mais malheureusement je ne pouvais rien enlever ni couper car chaque scène était importante. J’ai donc pris le parti de tout tourner et finalement, au montage, tout est rentré en 2m20.

La relation humaine y est omniprésente. Est-ce une réponse au fait que la société dans laquelle nous vivons actuellement, tend à devenir individualiste ?

Je pense qu’on est trop perso, trop sur nos portables, trop sur les réseaux sociaux… et je suis moi même piégée par ça. Je crois qu’on devrait s’autoriser beaucoup plus à aller vers les autres, à s’intéresser aux autres. Sinon c’est tellement triste ! Il faut qu’on sorte de la routine dans laquelle on s’enferme. Plus généralement, on devrait  prendre conscience des autres et les respecter.

« Je suis assouvi » est un court-métrage d’une grande délicatesse. Le naturel, la poésie et l’esthétisme sont-ils importants pour vous ?

Oui bien sûr. Plus largement, la spontanéité, la sensibilité, la poésie, le rêve, la métaphore, le destin, le fantastique, l’amour sont des thèmes très importants pour moi.

Il faut qu’on sorte de la routine dans laquelle on s’enferme.

La réalisation est-elle pour vous une sorte d’échappatoire ?

Je me suis décidée à réaliser courant 2017. Le festival Nikon m’a permis de concrétiser cette envie pour plusieurs raisons : il y avait une deadline, c’était un format court donc parfait pour commencer et c’était un très beau thème ; et je me suis donc lancée ! J’ai adoré écrire et réaliser. Cela m’a permis de voir autre chose, et d’en apprendre beaucoup sur toutes les compétences à réunir pour monter un projet de film.

Quels sont vos projets ?

Je suis comédienne avant tout, donc je continue à passer des castings. Parallèlement j’écris. Ce sera pour le Théâtre ou pour un prochain court métrage.

Si vous deviez définir votre univers en un mot, lequel serait-il ?

Lourde tâche ! Il me faudrait plusieurs mots pour définir mon univers. Mais celui qui me vient naturellement à l’esprit, c’est la sensibilité.

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Je suis assouvi est en compétition au Nikon Film Festival.

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