Interview : rencontre avec l’équipe des Monteurs Associés

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Les monteur se retrouvent souvent dans l’ombre des réalisateurs. Pourtant, ce sont eux qui délivrent toute l’essence décrite par le scénario d’un film. Pour mettre en lumière ces artistes, l’association Les Monteurs Associés ont lancé il y a trois ans, le festival Les Monteurs s’affichent. Rencontre avec l’équipe.

Notre festival est traditionnel.

Le festival Les Monteurs s’affichent se prépare à nous faire vivre cinq jours de pur plaisir visuel. Que nous réserve cette troisième édition ?

Outre du plaisir visuel, cette troisième édition, comme les précédentes, permettra au public de découvrir le métier de monteur : après chaque projection, au lieu d’un débat classique, nous organisons une rencontre avec la monteuse ou le monteur du film qui permet de comprendre les enjeux à l’œuvre dans ce travail : choix des rushes, construction du récit, structuration, travail sur les personnages, le jeu des comédiens, le son, la musique, les relations avec le cinéaste…

Par ailleurs, le samedi matin une table ronde est consacrée au rôle du montage dans la conception des effets spéciaux, dans la continuité des rencontres organisées les années précédentes sur le métier de monteur et sur le travail du son.

Huit films de fiction et documentaires, parfois sortis sans faire de bruit, seront (re)présentés aux spectateurs. C’est un peu comme si une deuxième vie s’offraient pour ces films ?

Absolument. Pour tous ces films des cinéastes et des techniciens ( du tournage aux dernières finitions) ont travaillé des mois durant, dans des conditions financières parfois difficiles. La « loi du marché » ne leur a pas permis d’être vus et appréciés à leur juste valeur. C’est pourquoi nous avons souhaité les mettre en lumière.

Les thématiques de cette troisième édition sont plutôt sombres : l’histoire d’un clandestin américain (Soy Nero), la violence de la guerre (Trève, Ni le ciel ni la terre, Les Messagers) ou encore l’éclatement d’un couple (Everyone Else). Comment ces huit films on-ils été choisis ?

S’il y a une thématique, elle est le fruit du hasard, ou alors un reflet du monde d’aujourd’hui…  Mais Dernières Nouvelles du Cosmos, Don Pauvros de la Manche, sont des films très joyeux ! Notre sélection s’est faite parmi les films proposés par les membres de notre association, Les Monteurs associés. Nous les avons choisi en fonction de leurs qualités cinématographiques, de nos goûts… Un choix évidemment subjectif !

Une avant-première du documentaire Coby sera présentée le lundi 12 mars. Il s’agit d’un long-métrage sur la transformation sexuelle d’une femme en un homme. Les sujets d’actualité ont-ils une certaine importance dans ce festival ?

Ce n’est pas un critère en soi. Pour cette avant première, nous avons avant tout souhaité proposer un partenariat à l’ACID : un association de cinéastes qui soutiennent et accompagnent chaque année une vingtaine de nouveaux longs métrages pour donner de la visibilité à des œuvres insuffisamment diffuses. Une démarche qui rentre en forte résonance avec la nôtre.

Si vous deviez vous projeter dans dix ans, comment verriez-vous l’avenir du festival Les Monteurs s’affichent ?

Notre festival est traditionnel, avec un cahier des charges précis mais qui laisse une grande liberté aux œuvres, avec des projections dans une salle de cinéma, des rencontres et des débats en direct. C’est cela qui nous intéresse, qui nous réunit. Dans 10 ans, des tas de choses auront changé mais je ne crois pas que nous ayons envie de changer notre festival dans son fond ou dans sa forme. Mais qui sait ?

La troisième édition des Monteurs s’affichent se déroulera au cinéma Luminor Hôtel de Ville, à Paris, du 14 au 18 mars prochains !