Interview Tatiana et Katia Spivakova : le destin de deux sœurs

interview-tatiana-katia-spivakova

Un vent de fraîcheur souffle sur la 8e édition du Nikon Film Festival. Et pour cause, le court-métrage “Je suis une seconde” se dessine comme une magnifique oeuvre poétique. Tatiana et Katia Spivakova nous parlent aujourd’hui de ce film qu’elles ont réalisé ensemble, main dans la main. Le début d’une belle entreprise familiale.

Une seule seconde suffit parfois à changer toute une vie.

Bonjour Tatiana et Katia. « Je suis une seconde » est un magnifique court-métrage, qui nous offre une très belle leçon de vie. Croyez-vous vous-mêmes aux présages ?

Katia : Merci beaucoup! Je pense qu’on est nombreux à se construire un “code” de présages tout au long de sa vie, plus présent à certains moments qu’à d’autres. Ces présages existent parce qu’on y croit.

Tatiana : On a grandi dans une culture où la superstition faisait partie intégrante de notre vie… c’est peut être aussi pour ça qu’on aime tant y croire ! Mais au delà des présages, des signes ou des superstitions, on peut aussi y voir un simple jeu, ce sont des petits paris avec la vie !

Pourquoi avoir choisi de mettre en lumière la volonté de croire en son destin ?

K : Croire en son destin c’est aussi avoir la force de l’accepter. Nous voulions montrer cette force et la capacité de l’humain à surpasser les circonstances. Ce court a pris naturellement une forme d’incantation à la vie.

T : Je pense qu’il est nécessaire de convoquer l’espoir aujourd’hui, tant il est tari par la violence omniprésente qui nous entoure. Et quand on croit fort en quelque chose, est-ce qu’on ne se donne pas plus de moyens d’y arriver ?

Le thème de la 8e édition du Nikon Film Festival est le « cadeau ». Pouvez-vous nous expliquer plus amplement le lien entre votre film et cette thématique ?

K et T : Une seule seconde suffit parfois à changer toute une vie. On a choisi de jouer avec chaque seconde, chaque signe, tous ces messages que l’on s’imagine nous être adressés, comme tant de cadeaux du quotidien, qu’ils soient bons ou mauvais. Il faut savoir les reconnaître et être reconnaissants.

À la fin de votre film, nous sommes à la fois émus par la beauté de l’histoire mais aussi chamboulés par son final. C’était important pour vous de transmettre ces deux émotions ?

K : Il fallait, après la poésie, qu’on ramène ces deux minutes à un point tangible dans le présent, le réel, qui se traduit par cette respiration qu’on entend et qui correspond à l’autre personnage de ce film.

T : Dès le premier « vœu », il est question de lui. Tout est pour lui. Pour cet autre. Pour l’Amour.

Ensemble, on est plus forts.

Avez-vous l’habitude de travailler ensemble ?

K : Nous nous sommes toujours concertées et inspirées l’une de l’autre et de nos projets respectifs. Ce court-métrage est notre première réalisation ensemble, et on ne compte pas s’arrêter là!

T : On se soutient depuis toujours et on collabore en continu, dans l’ombre, dans la vie comme dans le travail. Mais c’est la première fois qu’on le fait « officiellement » ! Et tout s’est fait très vite, naturellement, comme une évidence… (Il faut savoir que l’on a tourné ce court en deux jours seulement avec la caméra du téléphone de Katia…!) Aussi, on a choisi la musique de notre sœur Anna Kova pour aller au bout de cette entreprise collective! Ensemble – on est plus forts, non ?

Quels sont vos projets ?

K : En ce moment je travaille pour un label de musique et je réalise divers projets (clips, docus, vidéos pour concerts…). Le but est de continuer d’écrire en parallèle et viser le “long”, qui sait…

T : Dans un futur très proche, je joue au Théâtre de La Loge à Paris, les 6, 7, 8 et 9 Février, CŒUR SACRÉ un monologue écrit et mis en scène par mon amie Christelle Saez, avec qui j’ai créé LA COMPAGNIE MEMENTO MORI. Puis, dans quelques mois, je vais partir tourner un film en Arménie. Je travaille à la mise en scène d’un nouveau spectacle aussi… On verra bien où le vent me mènera entre temps. J’espère pouvoir continuer de créer, entourée des gens que j’aime.

Si vous deviez définir vos univers en un mot, lequel serait-il ?

K : Rêve.

T : Vivant.