Interview Thibault Gilles : Entre réel et surréalisme

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Il y a quatre ans, le réalisateur Thibault Gilles réalisait son premier court-métrage, Phil. Un film abstrait et poétique, au scénario bien surprenant. Le jeune cinéaste revient aujourd’hui sur cette belle réalisation, qui continue de faire voyager les spectateurs en un rien de temps… 

 

J’aime bien l’idée de partir de quelque chose de réel pour le rendre surréaliste.

 

Bonjour Thibault. Vous avez réalisé en 2014 votre première réalisation intitulée « Phil ». Ce court-métrage retrace le quotidien d’un radar automatique humain. Racontez-nous comment est née l’idée d’un tel scénario ?

En conduisant. J’avais peu dormi et, un peu perdu dans mes pensées, j’ai pilé en voyant un radar au dernier moment. Suite à ça, j’ai râlé contre ce radar pendant quelques minutes en espérant ne pas avoir été flashé. Et puis, je me suis demandé s’il méritait ma colère. Tout le monde le déteste, ce radar, alors que finalement, il ne fait que son travail, et peut-être qu’il se sent terriblement seul.

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Il s’agit d’une histoire intemporelle, qui se déroule dans un monde à mi-chemin entre le réel et l’imaginaire. Pourquoi tant de mystère ?

J’aime bien l’idée de partir de quelque chose de réel pour le rendre surréaliste. Juste un petit peu. Je n’ai pas cherché à rendre ça mystérieux même si je ne donne pas toutes les règles de cet univers. Le spectateur peut s’imaginer ce qu’il veut puisqu’il n’en voit qu’une toute petite partie dans le film.

La solitude est également au cœur de votre film. Pourquoi était-il important pour vous, de livrer aux spectateurs ce sentiment profond et humain ?

Parce que c’est ma plus grande peur, et sûrement celle de beaucoup de gens dans le monde ! Concernant Phil, sa solitude n’est pas un choix, on le force à vivre seul, et c’est très fort comme situation. Je pense qu’on a tous besoin de quelqu’un auprès de nous.

 

Le fait de voir une idée prendre vie à l’écran me fascine.

 

Pour incarner à l’écran cet étrange radar humain, vous avez choisi Philippe Pillavoine, connu pour ses talents d’acteur et de mimes. J’imagine que le titre de votre film est en lien direct avec l’acteur principal. Le rôle a-t-il été conçu exclusivement pour cet artiste ?

Même pas ! Quand j’ai imaginé Phil, le nom m’est venu comme ça. J’avais un autre comédien en tête, mais il ne pouvait pas être disponible pour le tournage. En cherchant quelqu’un d’autre, je suis tombé sur Philippe Pillavoine (comédien et humain extraordinaire, au passage, je ne le dirai jamais assez). Le physique collait parfaitement, il était mime, ce qui apporte énormément au personnage, et puis son prénom était un autre signe. Le rôle était pour lui !

Qu’est-ce qui vous fascine dans la réalisation ?

Le fait de voir une idée prendre vie à l’écran. Même si ça n’est jamais parfait, même si le résultat est toujours un peu différent de ce qu’on avait en tête à la base, c’est fascinant. Puis réaliser, c’est s’entourer de personnes géniales qui vont toutes apporter des idées, des compétences, pour rendre cette histoire réelle. Et quand on prend du recul pour observer ce mouvement, ces mois de travail, c’est complètement dingue.

Un nouveau court/long-métrage est-il d’actualité ?

Plusieurs oui ! Deux court-métrages en post-production avec Keskonfé, l’association dont je fais partie et qui a produit « Phil », et un projet de série aussi que l’on est en train d’écrire avec un ami. Un long, un jour, j’espère, j’en ai un en projet aussi, mais ça sera pour plus tard. Je ne veux pas griller les étapes.

Si vous deviez définir votre univers en un mot, lequel serait-il ?

J’ai toujours peur que ça fasse prétentieux, mais le mot qui me vient est « poétique ».

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