Interview : Valérie Leroy, marraine de La Fête du court-métrage à Brest

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Elle est l’invitée d’honneur de La Fête du court-métrage à Brest. De comédienne à réalisatrice il n’y a qu’un pas, que Valérie Leroy franchit sans difficultés. L’artiste nous parle aujourd’hui de sa passion pour le cinéma, de la scène à l’écriture filmique. Rencontre.

 

 

Le court-métrage permet de tenter, d’oser et de se former.

 

 

Bonjour Valérie. Vous êtes la marraine de l’événement La Fête du court-métrage à Brest, qui se déroule du 15 au 18 mars prochains. En tant qu’actrice et réalisatrice pouvez-vous nous dire qu’est-ce que ce genre cinématographique, représente pour vous ?

Le court-métrage c’est pour moi un genre à part entière qui permet beaucoup de créativité et d’audace car il est encore relativement détaché des contraintes économiques que l’on retrouve dans le long métrage. Donc il permet de tenter, d’oser et de se former aussi car on apprend vraiment à chaque projet. Et puis ça permet aussi de rencontrer des techniciens et de se construire une équipe avec laquelle on sait qu’il est facile et agréable de travailler. Et c’est un genre à part entière avec de vrais très grands et très beaux courts-métrages.

Le Festival Européen du  Film Court de Brest, a fêté en novembre dernier, son 32ème anniversaire. Est-ce important pour vous de participer à un événement comme celui-ci ?

J’adore le festival de Brest. Sa dimension européenne est très agréable car c’est un festival où l’on peut découvrir des cinématographies et des univers très variés.  Et c’est un grand festival mais à taille humaine donc on peut vraiment y faire des rencontres. Je suis devenue amie avec de supers chouettes réalisatrices depuis. En règle générale les festivals sont supers importants pour les réalisateurs car c’est là que notre travail prend sens, quand notre film rencontre le public. Et à Brest les salles sont pleines même le dimanche à 11h du matin.

Votre film Laissez-moi danser, sera présenté le vendredi 16 mars aux spectateurs. Comment vous est venue l’idée de ce scénario, sur la transidentité ?

Le film est né dans un contexte particulier car j’ai écrit la première version lors du marathon des scénaristes du festival de Valence en 2015. Donc je pense que dans l’urgence d’écrire un scénario en 48h ceux sont les sujets nécessaires qui remontent. Et j’ai toujours été touchée par les gens qui ont à lutter pour exister, que ce soit à travers une revendication sociale – les ouvriers qui se battent pour le maintien de leur usine et pour un droit à la dignité- ou à travers une revendication identitaire- les personnes qui naissent avec une transidentité et dont le parcours de vie est un combat quotidien. D’abord pour devenir la personne qu’ils sont vraiment et pour l’assumer dans une société encore très frileuse où la transphobie est toujours présente. J’ai donc eu envie dans mon film de nouer ces luttes en un seul combat commun pour la liberté.

 

 

Les festivals sont importants pour les réalisateurs car c’est là que notre travail prend sens.

 

 

D’abord comédienne, vous vous êtes lancée en 2011 dans la réalisation. Pourquoi avoir choisi de passer de l’autre côté de la caméra ?

C’est d’abord par l’écriture. J’ai eu besoin à un moment de raconter mes propres histoires. Et j’ai ensuite eu envie de les mettre en scène. Et le déclic ça a été mon entrée à l’Atelier scénario de la Femis. Cette formation m’a donnée une vraie légitimité professionnelle qui m’a permis d’oser me lancer.

Quels sont vos projets actuels ?

Je travaille sur un projet de court-métrage, une comédie douce amère avec des adolescents, un moyen-métrage plus dramatique et j’ai également commencé à écrire mon long-métrage « Les Empereurs ». J’adapte également au théâtre mon premier court-métrage « Le Grand Bain » dans une forme courte qui sera jouée lors du festival  « mises en capsule » du Ciné 13 théâtre à Paris en mai-juin. Et je viens d’être prise à la résidence « so film comédie musicale » avec un projet de court-métrage musical.

Si vous deviez définir votre univers un mot, lequel serait-il ?

Ce serait plutôt un titre de film : « Le goût des autres ».

 

Interview de La Fête du court-métrage 2018