Virgin Suicides de Sofia Coppola : L’indémodable film générationnel

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On commence notre rétrospective Sofia Coppola, avec une œuvre qui a profondément marqué toute une génération : Virgin Suicides. Retour sur la première pierre de la filmographie d’une grande cinéaste, qui  magnifie depuis plus de vingt ans les femmes au cinéma.

Un rêve empoisonné

En 1999, le Festival de Cannes découvrait l’une des plus belles réalisations de Sofia Coppola. Révélé par la Quinzaine des Réalisateurs, Virgin Suicides s‘est rapidement imposé sur le devant de la scène internationale, avec une aisance des plus spectaculaires. Et la raison est simple : ce drame générationnel est une véritable déclaration d’amour à l’adolescence. 

L’histoire met en scène le drame des sœurs Lisbon. Cinq belles et mystérieuses jeunes américaines qui se sont suicidées les unes après les autres. Le film, construit autour de flash-back et voix off, raconte leurs derniers mois ensemble, unies et heureuses, jusqu’à la première et inévitable victime. Une narration dramatique qui met en lumière la conclusion logique d’un enchaînement de causes et effets. Et si le scénario semble être empreint de noirceur et de mélancolie, ce film est bel et bien une perle d’un esthétique et d’une poésie rares.

 

On a affaire à une rêveuse totalement déconnectée de la réalité, en sautant elle a du penser qu’elle s’envolerait.

 

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La première note dramatique intervient lorsque Cecilia (interprétée par Hanna R. Hall), la sœur cadette, se donne tragiquement la mort. Dès cet instant, l’équilibre de la famille Lisbon s’envole en mille éclats. Car derrière cet acte nuisible, se dissimule une sombre et funeste réalité : celle de parents littéralement obsédés par la morale et d’adolescentes étouffées par une mère autoritaire et un père complètement dépassé. Privées de liberté, les jeunes filles ne peuvent pas s’épanouir et construire leurs propres identités. Choses pourtant essentielles à l’adolescence.

Sous leurs apparences angéliques, se cachent de noires pulsions. En réalisant Virgin  Suicides, la brillante Sofia Coppola a choisi de mettre en lumière un rêve éveillé. Celui d’une Amérique purement idéalisée. Des flash-backs à la voix off en passant par l’importance de la lumière blanchâtre, tous ces éléments de narration apportent une dimension irréelle à l’histoire. Avec cet esthétisme ultra mélancolique et sa B.O. envoûtante, la réalisatrice capture avec une justesse magnifique la descente aux enfers des cinq jeunes femmes. Et là réside tout l’univers poétique de la cinéaste.

 

Là où les pièces manquantes manqueront à jamais…

 

Aussi mystérieux qu’envoûtant, Virgin Suicides reste aujourd’hui l’une des plus belles réalisations de Sofia Coppola. Cette œuvre onirique continue, dix-neuf ans après sa sortie dans les salles, de semer le trouble auprès de ses fans, et d’alimenter une certaine obsession face au mystère qui entoure le passage à l’acte des jeunes filles. Un film d’une beauté fantomatique impressionnante.

Virgin Suicides : Bande Annonce

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