Top départ du marathon Nikon Film Festival ! Pour ouvrir cette 16e édition placée sous le signe de la beauté, voici le court métrage La Fée Ministe de Priscilla Lopes et Sonia Joubert. Un saut quelques années plus tôt, dans une époque marquée par les stéréotypes de la femme « idéale ».
Gaine amincissante pour camoufler le petit ventre, rouge à lèvres vif pour une bouche bien pulpeuse, eye-liner minutieusement appliqué pour des yeux de biche, chignon bien laqué contre les frisottis disgracieux, sans oublier la cire d’épilation pour une peau toujours entretenue. Voici la routine matinale de notre héroïne, une mère au foyer ordinaire dans les 60. Chaque matin et comme un éternel recommencement, cette femme et maman portée à l’écran par la comédienne Justine Thibaudat répète ces mêmes gestes de « beauté » robotisés, devant le regard interloqué de sa fille aînée. Objectif ? Incarner la femme « idéale » aux yeux de son mari et de la société en général. Mais derrière tout ce camouflage apparaît une réalité brutale : le poids des apparences.
« Il faut souffrir pour être belle »
Dans La Fée Ministe, les réalisatrices Priscilla Lopes et Sonia Joubert rappellent à juste titre comment l’image de la parfaite ménagère toujours apprêtée, et ce, qu’importe la situation à laquelle elle doit faire face, a longtemps contribué à forger des normes sociales de « beauté » irréalistes. Ce film évoque aussi les prémices du féminisme, en citant l’essai de Simone de Beauvoir : Le Deuxième Sexe, qui questionne la condition des femmes dans la société. Ici, ce n’est pas vraiment l’adulte qui s’intéresse à cet ouvrage fondateur, mais plutôt la fillette.
Comme nous, elle est spectatrice des exigences auxquelles sa mère se plie en silence. Elle étudie chacun de ses efforts et admire son courage dans l’espoir d’être, un jour, aussi « belle » qu’elle. Car du haut de son jeune âge, la fillette semble déjà prête à porter le poids des apparences sur ses épaules, comme en témoigne la scène finale. Un court métrage bien pensé, réfléchi et construit, qui pourrait parfaitement figurer dans les archives de l’INA. Pour voter, c’est par ICI !

