« Charlotte et son Jules » : l’éternel monologue de Jean-Paul Belmondo

Ce lundi 6 septembre 2021, Jean-Paul Belmondo s’en est allé. Le magnifique, professionnel et homme de Rio laisse dernière lui une filmographie remarquable, composée de plus de quatre-vingt œuvres toutes aussi précieuses les unes que les autres. Parmi elles, Charlotte et son Jules, un court métrage signé Jean-Luc Godard.

En 1958, l’un des plus célèbres cinéastes de la Nouvelle Vague réalisait un film court très représentatif de son temps : Charlotte et son Jules, une comédie douce-amère portée par Jean-Paul Belmondo et Anne Collette. Elle met en lumière le portrait d’un homme à la fois mélancolique et misogyne qui sermonne son amante, Charlotte, sur le point de le quitter.

Pendant de longues minutes, celui qu’on surnomme Bebel se livre à de longues tirades éclairées, vulgaires, légères, pertinentes, séduisantes et laisse ainsi sa dulcinée silencieuse, voire quasi inexistante. Un monologue terriblement sexiste et contradictoire, fois parfaitement écrit, rempli d’humour et de désespoir.

Et si le jeu d’acteur de Jean-Paul Belmondo règne en maître, sa voix si reconnaissable est, quant à elle, absente. En effet, la voix de Jean-Luc Godard remplace celle du magnifique, un choix scénaristique quelque peu frustrant, mais finalement très représentatif du cinéma des années 60 : créatif, audacieux, original, spontané et si surprenant.

Nous vous proposons de redécouvrir l’un des premiers rôles de Jean-Paul Belmondo, tel un hommage à ce monstre sacré du cinéma français.

Mégane Bouron