On poursuit notre marathon Nikon Film Festival avec le court métrage J’voudrais être moche comme elle d’Adèle Esposito. Une plongée dans l’exercice délicat d’un casting de cinéma, sous l’œil intransigeant de la caméra.
Il nous a fallu une dizaine de secondes pour comprendre la finesse du travail d’écriture de ce court métrage en plan séquence. Quatre comédiens qui passent un casting pour un film, s’interrogent sur leur apparence et leur talent : sont-ils assez bons ou sont-ils assez beaux pour être retenus par la directrice (interprétée par Pamela Ravassard) ? Voici le quotidien des comédiens. Pendant 2 minutes 20, ces acteurs brillamment incarnés par Célia Diane (au casting de la série Cœurs Noirs), Iñaki Lartigue (notamment connu pour son rôle de Samuel dans Plus belle la vie, encore plus belle), Garlan Le Martelot (qui joue dans Notre-Dame brûle) et Marion Miquel (Ma Vie, Ma Gueule avec Agnès Jaoui) récitent des répliques cultes en lien avec un même sujet : la beauté.
Parmi celles merveilleusement récitées et qui semblent être écrites pour ce court métrage : « Figurez-vous que Thérèse n’est pas moche, elle n’a pas un physique facile, c’est différent » du cultissime Père Noël est une ordure, « Bien sûr, je pourrais être aigrie, mais c’est inutile. Il y a tant de beauté dans le monde. Parfois j’ai l’impression qu’elle me submerge, de partout en même temps, mais c’en est trop » d’American Beauty, ou encore « Peut-être qu’il la trouve trop belle. Enfin je veux dire trop sublime, trop idéale » de Trop belle pour toi… Ici, chaque dialogue est pensé, réfléchi et mis en scène. Mention spéciale pour le gros plan final dans lequel Iñaki Lartigue récite, face à la caméra, le dialogue culte de Brigitte Bardot dans Le Mépris, chef-d’œuvre de Jean-Luc Godard. Un court métrage intelligemment réalisé, qui rend hommage au cinéma, et plus particulièrement à celles et ceux qui le font vivre. Pour voter, c’est par ICI !

