Interview : Angèle Marrey, jeune réalisatrice du documentaire « 28 jours »

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Rencontre avec Angèle Marrey, jeune journaliste et réalisatrice de 28 jours. Entre révélations et confidences, découvrez les coulisses de ce documentaire décomplexant !

 

Tout le documentaire parle du corps féminin , de chaire et d’émotions.

 

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Redécouvrir 28 jours

Bonjour Angèle. En quelques mots seulement, peux-tu nous en dire un peu plus sur toi ?

Bonjour , je m’appelle Angèle , j’ai 22 ans , je viens de sortir d’une licence en communication audiovisuelle et j’ai écris et réalisé le documentaire 28 jours.  

Ton documentaire 28 jours qui met fin aux tabous autour des menstruations a été vu plus de 38 000 fois en seulement une semaine ! C’est incroyable n’est-ce pas ? 

Hahah ! Oui je m’en rend pas bien compte… Je suis si reconnaissante de ce qui arrive. Depuis le début du projet, nous recevons beaucoup de messages de curiosité et de bienveillance mais je pensais pas arriver à ce stade là. Ce qui me fait le plus plaisir dans tout ça, c’est de recevoir des photos de famille, de groupe d’amis ou de couples qui le regardent ensemble ! Ça c’est vraiment ” le graal ” 

Parler ouvertement des règles est presque devenu un interdit au sein de notre société. N’as-tu pas eu peur de franchir cette frontière et de briser le silence autour de ce sujet brulant ? 

Pas vraiment. C’est un peu dans mon caractère de me faire porte-parole des injustices haha. D’autre part, je viens d’une famille de femmes. On est 4 filles contre 2 garçons à la maison. Alors les menstruations et les tampons ont étaient beaucoup moins traumatisant pour moi que pour beaucoup d’autres jeunes filles. De plus je crois que j’ai réellement découvert l’ampleur du tabou au fur et à mesure de l’élaboration du documentaire. Je pense que c’est pour cette raison qu’il ne m’a pas semblé insurmontable. 

Comment s’est déroulée la réalisation du documentaire ? Quelles ont été les réactions vis-à-vis de la thématique ? 

J’ai écris , récris puis ré-réécris le documentaire sans cesse. Plus nous avancions avec les interviews, plus je trouvais des nouvelles problématiques à aborder. J’ai écris la voix-off assez rapidement pour pouvoir travailler le graphisme en amont avec une super équipe. Nous travaillons après nos jobs ou école respectif puis le weekend. On aurait dit une équipe de nuit ! 

Le moment du pré-montage a été très compliqué, j’avais un film de 4h de reuch  dont je devais prendre que 30 min. J’ai mis deux jours à ne rien pouvoir toucher tellement j’étais incapable de prendre une décision. Puis un matin , j’avais le film. 

 

C’est un peu dans mon caractère de me faire porte-parole des injustices.

 

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Instagram de 28 jours

28 jours n’est pas seulement un documentaire décomplexant mais c’est aussi et surtout une réalisation à l’esthétique soignée et parfois même très poétique. Pourquoi ce choix autour de l’image ?

Déjà , merci beaucoup ! Tout le documentaire parle du corps féminin, de chaire et d’émotions. Quand j’ai écris le film, c’est cet univers doux et coloré qui m’a parlé. Il est pour moi la bonne représentation de ce qu’est le corps féminin. Des rires, des larmes, de la matière, de l’épaisseur, des caresses et des claques. Je voulais mettre en scène sans truquer. Quand vous réalisez un documentaire sur les menstruations, les gens s’attendent directement à être confrontés à une culotte sale et tout le « trash » qui l’accompagne. Utiliser un univers graphique et coloré, était aussi l’une des seule façons de contrer les aprioris. Ce qui est amusant, c’est que je clôture le documentaire avec des culottes tachées ( plan place de la république ) ! 

Après les menstruations, il y a-t-il d’autres sujets tabous que tu aimerais briser ?

Je ne sais pas si ce sont des tabous , mais il me reste pleins d’histoires à raconter ! 

 Si tu devais définir ton univers en un mot, lequel serait-il ?

C’est toujours a ce genre de question que j’ai 3000 mots qui viennent ! Mais je pense que le plus juste serait : Vivant.