« Girl In The Hallway » : La douleur d’un souvenir

Girl In The Hallway de Valerie Barnhart est un bijou du cinéma d’animation qui ne peut laisser indifférent. Retour sur une oeuvre puissante, aussi bien visuellement que moralement.

On attendait d’être surpris. Nous avons été subjugués. Si l’ouverture de ce court métrage semble prendre des airs de conte pour enfants,  l’histoire en est quant à elle bien plus sombre. Girl In The Hallway est un documentaire animé qui prend pour cible un fait divers glaçant. A travers des illustrations en noir, blanc et éclats de rouge, on découvre le témoignage poignant d’un homme bouleversé par une tragédie : celle d’une disparition d’une enfant devant le seuil de sa porte. Rongée par un élan de culpabilité, la voix-off s’adresse à nous, spectateurs, pour nous raconter son histoire.

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Girl In The Hallway rend un hommage poétique et vibrant à la mémoire de Xiana Fairchild, une fillette de sept ans. Le film aborde avec émotion la douloureuse question de l’infanticide qui représente  « la troisième cause de décès des enfants de 0 à 24 ans, et la cinquième des amérindiennes âgées de 25 à 34 ans ». Et pour sensibiliser chacun d’entre nous à cette réalité virulente, la réalisatrice canadienne a choisi de faire un parallèle entre cette tragédie et l’histoire universelle du Petit Chaperon Rouge. Valerie Barnhart décrit ainsi une sombre « berceuse qui parle de loups armés de gros scotch et de polaroids. Parce qu’il y a des petites filles qui ne reviennent jamais de la forêt ». Des mots puissants, choquants, tout simplement à l’image de cette magnifique réalisation.

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Mégane Bouron