« L’intermédiaire » : Le carnaval de la vie

« Imaginez-vous, chaque matin au réveil, ouvrant une grande armoire avec divers masques entreposés sur les étagères : à vous de choisir l’expression du jour. »

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Pendant que celui qui se cachait derrière parle avec ses amis, fait l’amour, rigole, danse, tombe amoureux, pardonne, écoute, se confie, il cambriole la vérité à visage découvert.

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L’Homme porte un masque. L’Homme s’adapte aux autres. L’Homme se crée de toutes pièces. Dans ce court-métrage envoûtant, Léna Turlot-Ehlen nous livre une fable sur notre image en société.

D’expérience en expérience, l’enfant devenu adulte apprend qu’il doit cacher ses sentiments, et d’une certaine façon jouer un rôle. Chaque jour nous entrons, sans forcément nous en rendre compte, dans la peau d’un personnage. Le visage reste identique, le masque varie d’un contexte à un autre. Il nous permet de fuir, de se rapprocher, de coopérer.

.Ce masque, c’est juste un intermédiaire. Mais quelquefois, en se rapprochant trop d’autres semblables, il peut se détériorer. Alors, le véritable visage se livre aux autres. Il donne tout, montre tout.

Rythmée par la voix d’Alexis Corso qui la conte, cette fable, si bien écrite, séduit. Avec des airs de Laurence Anyways (Xavier Dolan), la mise en scène, sublimée par son comédien au regard très expressif, accompagne remarquablement bien le propos.

Ce que la réalisatrice nous offre donc ici, c’est un court-métrage poétique, juste, et très prometteur pour la suite. Il est à découvrir sans plus tarder, en compétition pour le concours « À Ton Court » 2019. Pour le découvrir, rendez-vous juste ICI !

Écrit par Arthur Morard