Très Court International Film Festival : Rencontre avec Matthieu Ponchel et Prïncia Car

Pour notre dernière interview du Très Court International Film Festival, nous sommes allés à la rencontre d’un duo artistique qui nous fascine tout particulièrement : Matthieu Ponchel et Prïncia Car ! Les deux jeunes réalisateurs nous ouvrent les portes de leur univers teinté de réalisme.

La prise de parole récente des femmes autour du mouvement « me too » place ce film dans l’actualité et provoque des discussions ô combien nécessaires pendant les festivals.

Bonjour Matthieu et Princïa. Votre court métrage Je suis à vous a été réalisé dans le cadre du Nikon Film Festival 2018. Il s’agit d’un film profond et touchant sur la femme, son corps et sa liberté. Pourquoi avoir choisi de parler de ce sujet ?

La place de la femme et la perception de la femme dans notre société nous questionnent beaucoup, intellectuellement bien sûr mais aussi dans notre pratique du cinéma. À petite échelle par exemple, sur nos plateaux de tournage, même nos proches collaborateurs ont tendance à s’adresser spontanément en premier à Matthieu plutôt qu’à Prïncia. Un ancrage sociétal ancestral est omniprésent et est à défaire et bousculer tout le temps. La figure d’Antigone en témoigne, c’est une question qui traverse les âges. Une femme qui prend la liberté de dire « non » ça dérange, ou du moins ça étonne et encore aujourd’hui. Et bien sûr la représentation du corps « objet-parfait » d’une femme rend plus difficile son émancipation.

Après plusieurs sélections en festivals dont le Prix de la meilleure photographie au Nikon Film Festival 2018, Je suis à vous s’envole aujourd’hui au Très Court International Film Festival. Comment expliquez-vous ce beau succès ?

Beaucoup de personnes s’identifient à l’histoire de cette jeune femme. L’histoire de quelqu’un qui aspire à un certain rêve mais qui doit se satisfaire et faire avec une tout autre réalité. Nous sommes tous en chemin vers notre idéal.

De plus, la prise de parole récente des femmes autour du mouvement « me too » place ce film dans l’actualité et provoque des discussions ô combien nécessaires pendant les festivals, lieux privilégiés de rencontres et d’échanges.

Vos courts métrages abordent souvent des thématiques sombres et actuelles. C’est notamment le cas de Je suis avec eux, votre dernière réalisation récompensée par le Prix de la meilleure interprétation masculine au dernier Nikon. L’actualité est-elle votre principale source d’inspiration?

Il est difficile pour nous d’imaginer l’art, et notamment le cinéma, sans engagement. Un artiste décrit le monde avec sa subjectivité et dans le meilleur des cas, éveille/provoque des consciences grâce aux émotions qu’il propose. Nous nous inspirons de l’actualité dans son sens premier : ce qu’il se passe actuellement autour de nous.

« Je suis à vous » traite de la femme objet : qu’est-ce que raconte de notre société le fait de pouvoir s’offrir une femme en cadeau ? « Je suis avec eux » est un voyage terrifiant au côté d’un groupe de jeunes fascistes. Il questionne la notion de valeurs, d’humanité, l’effet de groupe, la surconsommation de la violence, etc. Nous nous posons des questions en regardant autour de nous, le « sombre » n’est pas notre fil rouge. Prenons notre dernier court métrage, « Palace », il parle d’amour et de la possibilité d’aimer plusieurs personnes en même temps.

La photographie et son esthétisme occupe une place centrale dans votre travail cinématographique, n’est-ce pas ?

Nous travaillons depuis « Je suis à vous » avec un véritable artiste de la lumière, notre chef opérateur Etienne Fu-Le Saulnier. À trois, nous inventons un langage esthétique qui étonnamment dépasse nos trois sensibilités individuelles. Chaque film fait ensemble est l’occasion de chercher et d’affiner cette volonté de peindre le vivant, avec les outils infinis que la technique actuelle du cinéma offre.

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Nous nous inspirons de l’actualité dans son sens premier : ce qu’il se passe actuellement autour de nous.

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Comment est né votre duo de jeunes réalisateurs ?

Nous étions amis avant d’être un duo artistique. Un jour, quand nous étions prêts, une longue conversation autour du polyamour s’est transformée en bout de papier, puis en scénario. Nous nous sommes lancés, intuitivement, dans l’écriture d’un long métrage et avons été surpris de la facilité avec laquelle nous nous entendions artistiquement. Le partage de la création est extrêmement fortifiant et soulageant quand il est si évident.

Heureux de cette collaboration, nous avons décidé de ponctuer cette écriture par le tournage de formats courts pour éprouver notre duo sur les plateaux.

Quels sont vos projets futurs ?

Nous avons donc un long métrage en écriture autour du thème du polyamour et nous travaillons actuellement à l’adaptation d’un livre : une histoire à quatre voix qui appelle le format série…

Si vous deviez définir votre univers en un mot, lequel serait-il ?

PORTRAIT.

Une courte entrevue avec Matthieu Ponchel et Prïncia Car

 

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